Clarifier sa posture managériale, un enjeu clé aujourd’hui

On parle beaucoup de compétences, de leadership, de performance collective. Rarement de posture managériale.

Et pourtant, dans des environnements de travail de plus en plus complexes, mouvants et exigeants, ce n’est pas tant ce que fait un manager qui fait la différence… que la manière dont il se positionne, écoute, décide et interagit.

Ces derniers mois, au fil de mes accompagnements, une même réalité revient : des leaders et managers engagés, compétents, reconnus, qui tiennent des rôles clés dans leur organisation, mais qui avancent souvent sans véritable espace pour prendre du recul. Ils font face à des attentes multiples, parfois contradictoires, avec une forte pression implicite à « tenir », à être solides, fiables, disponibles.

Clarifier sa posture managériale devient alors un travail nécessaire mais rarement priorisé. C’est pourtant un levier essentiel pour durer, décider avec justesse et préserver à la fois l’efficacité collective et son propre équilibre.

Posture-managériale jeune manager avec ses collaborateurs

Le mythe du manager « qui tient tout »

Dans beaucoup d’organisations, le manager reste encore perçu comme celui ou celle qui doit absorber la complexité, répondre présent en toute circonstance et garantir la continuité, quoi qu’il arrive.

Il ou elle est attendu sur tous les fronts :

  • Rassurer les équipes,
  • Cadrer les priorités,
  • Arbitrer dans l’urgence,
  • Faire le lien avec la hiérarchie,
  • Porter les transformations.

Cette représentation valorise l’endurance, la capacité à encaisser, à gérer sans faillir. Elle laisse peu de place aux doutes, aux hésitations, aux besoins de clarification. Selon une étude de l’APEC, de nombreux cadres perçoivent la fonction managériale comme de plus en plus exigeante et source de surcharge mentale.

Résultat : beaucoup de managers tiennent. Ils font face, prennent sur eux, avancent. Mais souvent au prix d’une surcharge mentale importante, d’un effacement progressif de leurs propres besoins et d’une difficulté croissante à garder de la hauteur.

Des environnements professionnels de plus en plus exigeants

Ce mythe s’inscrit dans un contexte qui, lui, s’est profondément transformé.

Aujourd’hui, les managers évoluent dans des environnements marqués par :

  • La multiplication des projets et des transformations,
  • L’accélération des rythmes et des cycles de décision,
  • Une exposition accrue (reporting, visibilité, enjeux politiques),
  • Des attentes paradoxales : autonomie et contrôle, performance et bienveillance, engagement et disponibilité.

Dans ce cadre, beaucoup fonctionnent en mode réaction. Ils répondent aux sollicitations, gèrent les urgences, enchaînent les sujets, avec peu de temps pour interroger leur manière de faire… et surtout leur manière d’être dans leur rôle.

Leadership-authentique femme blonde avec son équipe

La posture managériale, un levier souvent sous-estimé

La posture managériale est parfois perçue comme quelque chose d’abstrait ou de secondaire. Elle est pourtant au cœur du rôle du manager.

Clarifier sa posture managériale, ce n’est pas adopter un style idéal ou figé. C’est travailler sur la manière dont on exerce concrètement son rôle au quotidien.

Cela suppose notamment de :

  • Clarifier son périmètre de responsabilité,
  • Poser un cadre sécurisant et lisible,
  • Faire des choix et les assumer,
  • Ajuster son positionnement en fonction des situations,
  • Réguler plutôt que tout porter seul.

Quand la posture est claire, les décisions gagnent en cohérence, les relations deviennent plus fluides et les équipes savent à quoi s’en tenir. Et la charge mentale du manager diminue, car tout ne repose plus uniquement sur lui ou elle.

 

Clarifier sa posture pour mieux décider et tenir dans la durée

Une posture managériale clarifiée permet de sortir de la logique du « toujours plus ».

Elle aide à :

  • Distinguer l’urgent de l’important,
  • Poser des arbitrages explicites,
  • Accepter de ne pas tout contrôler,
  • Remettre la responsabilité au bon niveau.

C’est aussi ce qui permet au manager de durer dans son rôle, en trouvant une position plus juste, plus soutenable, plus alignée avec ses valeurs et ses besoins.

Clarifier sa posture, c’est passer d’une posture de réaction à une posture de pilotage. 

Leadership-authentique femme blonde avec son équipe

Pourquoi ce travail nécessite d’être accompagné.e ?

Questionner son rôle et sa place de manager suppose de prendre de la hauteur sur ses pratiques, ses réflexes, ses croyances, ses zones de tension.

Or, dans le quotidien opérationnel, il est difficile de créer seul cet espace de recul. Le manager est souvent pris dans l’action, les attentes, les urgences.

C’est là que les dispositifs d’accompagnement prennent tout leur sens :

  • des espaces de réflexion sécurisés,
  • des temps d’intelligence collective (codéveloppement),
  • un accompagnement individuel.

Ces temps permettent de sortir de l’isolement, de remettre de la conscience sur sa manière de fonctionner et de retrouver une posture plus juste, au service de soi, des équipes et de l’organisation.

 

Clarifier sa posture managériale n’est pas un travail accessoire réservé aux périodes calmes.

C’est un enjeu central pour naviguer dans la complexité actuelle, exercer son rôle avec discernement et tenir dans la durée sans s’épuiser.

Prendre ce temps, c’est investir dans la qualité des décisions, la cohésion des équipes et la capacité des managers à rester engagés, alignés et efficaces dans un environnement en constante évolution.

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